Présentation du contrôleur B32 et du moteur Blitrem de chez ORCA

Avant de rentrer dans le vif du sujet, une précision s’impose. Je tiens à préciser une chose importante à mes yeux: il ne s’agit pas d’un test, mais d’une présentation suivi de commentaire donnant MON avis sur ce que j’ai perçu et ressenti.

Le contrôleur B32

Alors, je ne pourrais pas commencer par la jaquette, car j’ai reçu le contrôleur en version « bulk », càd sans boite. Bon, on est tous d’accord, la boite ça peut être joli et flatteur, mais au fond on s’en fout. Bref. La qualité perçue est très bonne. Quand on le manipule à la main, on sent que le boîtier est bien fini, pas d’arête désagréable au toucher. Il est (dessus et dessous) en aluminium, un vrai plus d’autant qu’après avoir joué du fer à souder, on sent que la chaleur passe bien de partout.

L’orientation des fils change de ses confrères, il reprend dans l’esprit celle des variateurs à charbons. Pas d’interrupteur déporté, mais intégré, un bon point pour le confort et une petite note d’élégance bienvenue. La prise de capteur est intégrée à la face avant, très pratique aussi.

Là où ça joue moins c’est le câble pour le relier au RX. Celle-ci fait appel à une classique prise type JR.  Je peux comprendre l’idée derrière, mais c’est pas super bien vu, d’autant que je n’ai pas trouvé cela très fiable (même si je dois le confesser, rien a bougé durant le roulage). Voilà pour un rapide tour du proprio, passons au moteur.

Moteur Blitreme

C’est l’un des moteurs à la mode actuellement. Soyons honnête, il va pas révolutionner à lui tout seul le business du moteur brushless, il a toutefois une carte à jouer. En plus d’être esthétiquement sympa, son niveau de finition est plus élevé que la moyenne. Que ce soient les soudures, l’enroulement des fils ou encore l’usinage de la cage, tout est propre et sans bavure. Lorsque l’on fait tourner le tout à la main, on sent bien le « champ » de celui-ci. Comble du raffinement, les vis de fixation sont en aluminium.

Même si je n’ai aucune certitude là-dessus, j’ai de gros soupçon concernant une production FEIGAO. Si cela se confirme, cela noterait un grand pas en avant en terme de qualité de leur part.

Tout le monde l’aura donc compris, on est bien en présence d’un produit haut de gamme.

L’essai

Il s’est passé lors de la dernière course indoor à Pierrelatte:

Niveau setup, je suis parti avec le même que celui utilisé par Manu Wagner lors du GP3F, que ce soit pour le timing/ratio ou pour le vario. Première impression, c’est très smooth, et on a cette sensation très agréable que le moteur tourne très rond. C’est linéaire et aucun creux ne se fait sentir.

Pour être tout à fait honnête, je n’ai rien à signaler de particulier, si ce n’est qu’on est quand même bien en présence d’un produit qui a été longuement testé pour aboutir à un produit qu’on peut qualifier de très performant et parfaitement conçu.

La carte de programmation fait « classe » avec son boîtier en aluminium. Un logement pour carte micro SD se trouve sur le côté, ce qui permet la màj éventuelle du software. A manipuler, celle-ci s’avère un peu déroutante au début, surtout si comme moi, vous connaissez bien les produits Hobbywing. Une fois quelques repères pris, tout ce passe bien, mais faut accepter de sortir de sa zone de confort pour pouvoir utiliser de manière optimale.

Ze épilogue

On l’aura compris, pas grand chose de négatif à raconter sur ce combo. Le tout est efficace, moderne, bénéficiant de beaucoup de subtilité. Il faudrait plus de temps pour avoir un vrai recul sur cet ensemble, chose qui nous a fait défaut. Par contre une chose est sur, c’est un excellent combo pouvant ravir les plus exigeants.

Une spéciale dédicace à Manuel Wagner pour sa gentillesse qui m’aura permis de pouvoir vous écrire ces quelques mots qui vous donneront j’espère bien l’envie de découvrir de plus près ce combo promis à un bel avenir!

#4: le game est en train de changer…

Vous êtes sûrement déjà au courant mes petites colombes, il y a eu pas mal de rififi dans l’industrie de la petite voiture radiocommandée. Le géant nord américain du modélisme Hobbico boit la tasse, LRP pareil (même si ils s’accrochent aux branches) et beaucoup d’acteurs de la R/C et du modélisme, français comme internationaux, sont dans le dur. Alors, du coup, on est en droit de se demander quelles seront les conséquences pour nous. Pour l’instant, on ne voit pas différence, et notre quotidien à court et moyen terme ne sera pas chamboulé. Mais ces exemples révèlent que tout se casse la figure gentiment. Y a plus de sous nulle part ma brave dame. Suis je très (trop) pessimiste, probable. Mais il faut se rendre à l’évidence, y a quelque chose qui sent pas bon…

Tout récemment, Yukijiro Umino annonçait son départ officiel de chez Yokomo après 22 ans de collaboration (dont la fameuse BD7 ’15, mais c’est un autre débat 🙂 ) pour une destination inconnue…ou pas. Loin de moi l’idée ou l’envie de tirer des conclusions hâtives, mais tout de même. Yugo Nagashima, pilote Yokomo (ou plutôt ex maintenant) a annoncé son arrivée chez Destiny Japan. Coïncidence, je ne crois pas.

Dans l’état actuel de l’économie, des salaires importants ou des pilotes qui baladent au frais de la princesse pèsent lourd sur les comptes d’une entreprise, surtout si celle-ci est placée sur une niche d’une niche commerciale. De mémoire, en Thaïlande lors de la TITC 2017, on devait trouver pas loin d’une vingtaine de pilotes, asiatiques comme européens, dont au moins une partie des frais étaient pris en charge voire plus, et dont toute la R/C était payée. Plus les mécano! Mais pour payer tout ça, chez Yokomo, Xray et les autres, faut en vendre du matos! Et comme le gâteau est pas plus grand qu’il y a 10 ou 15 ans, mais que le nombre de part a considérablement augmenté, il est logique et normal, qu’au bout du cycle, des acteurs aussi historiques que Yokomo, soient potentiellement dans une situation difficile (je dis bien POTENTIELLEMENT). Car qui aurait prédit que des acteurs majeurs comme LRP ou feu RB auraient pu connaitre des destins aussi funestes ou pas loin. Plus personne n’est à l’abri.

Un peu plus haut je parlais de gâteau, voilà le nombre non exhaustif de parts qu’il faut maintenant découper…

  • Associated
  • Yokomo
  • Xray
  • Awesomatix
  • Destiny
  • Infinity
  • ARC
  • VBC
  • Serpent
  • Capricorn
  • Mugen
  • Kyosho
  • Tamiya
  • Xpress
  • Schumacher
  • Gizmo
  • 3Racing
  • TeamC
  • WRC
  • Team Magic

Et j’en oublie sûrement! C’est tout de même fou! Sachant que le top 3, composé à mon sens de Xray, Yokomo et Tamiya doit à la louche (mais sans aucune stats sérieuse) représenter 80% du marché du touring 1/10 électrique. Donc comment leurs concurrents peuvent légitimement penser s’en sortir, avec les 20% restants. Où se sont-ils lancés pour d’autres raisons… Mystère.

Tout ceci fait étrangement référence à mes yeux à la participation des courses. Même si je ne vois tout ça que par un petit bout de la lorgnette, les effectifs  des courses sont prioritairement les consommateurs, les clients des marques qui mettent les produits sur le marché. Si ces mêmes clients n’achètent que les autos du « top 3 », ça veut dire que les autres, qui représentent 20%  restants, n’ont que des miettes pour bouffer. Et si les effectifs s’essoufflent, que va-t’il rester au bout du compte?

Je le confesse bien volontiers, je me base sur mes propres extrapolations et sur ma propre expérience. Mais pour avoir été moi-même un acteur, très humble il est vrai, de ce secteur économique, les changements, qui continuent à s’opérer, m’ont malheureusement touché de près.

Pour conclure, où allons-nous? De moins en moins de monde (et je pense en toute sincérité que l’ETS est l’arbre qui cache la forêt) aux courses, des coûts qui explosent et un gâteau qui s’émiette chaque jour un peu plus. Au train où ça va il va pas rester grand chose notre caté et de la R/C dans les années à venir.

 

#1: le stock

Cela va faire plusieurs mois, voire même plusieurs années que la catégorie stock (et uniquement en touring) est au centre de nombreux débats, parfois fort animés. Il est souvent question de pilotes qui n’y ont pas leur place, de coût, de choix de motorisation, bref, de plein de choses. Une chose est sûre, depuis l’avènement des motorisations brushless et des batteries LiPo, l’appellation « stock » devient difficile à définir.

Pour resituer un peu les choses, lors de mes débuts en compétition nationale (2002/2003) la catégorie stock c’était du 12T à charbon pour migrer vers le 17T quelques temps après. Puis sont arrivés les fameux LiPo et les brushless qui ont littéralement bouleversé le game, et il a fallut quelques années pour faire émerger une orientation  au stock.
Il y a beaucoup d’interrogation et de débat sur la catégorie. La vraie question selon moi est « à qui s’adresse le stock? ». Car en plus d’être la vraie question, cela pose le vrai problème . Comme il s’agit ici d’exprimer mon point de vue, ça sera forcément à sens unique. MAIS au détour d’une buvette ou de stand lors d’une course future, je serai ravi de poursuivre la discussion.

Bref, le stock, en 2017, c’est pour qui? Le chasseur de coupes, le petit jeune qui débute, le pilote fauché ou son contraire, un peu de tout ça et rien à la fois? Je pense que l’erreur fondamentale c’est qu’on a fait l’amalgame entre débutant et catégorie stock.. Tout part de là. Si, jusque vers la fin des années 2000 on pouvait scinder facilement les 2, à savoir d’un côté les pilotes chevronnés en modifié et les pilotes émergents en stock, les progrès technique ont tout remis à plat. Le modifié actuel est devenu un sport de funambule. Peu de gens ont envie de s’y confronter, de part son coût, du temps et de l’énergie que ça demande. Ce qui explique selon moi la migration de plein de pilotes (dont certain historique du modifié) vers le stock. Par voie de conséquence, le niveau a augmenté, le rendant peut être moins attrayant pour les pilotes moins expérimentés.